dimanche 30 mars 2008

Les cocotiers du désespoir

Dans un petit monde d'escargots. Une limace répondant au doux nom de laitue rêvait de vie, de chocolats, de lui, d’elle. De vie sous ombrelle.

Ses congénères marchaient sous les cocotiers nus de cette avenue.

Un escargot est mort avenue la victoire, écrasé par la ceinture du désespoir.

Les cocotiers sont muets à l'heure de pointe. Ils placent des bennes à fleurs sur le macadam fraîchement lavé du même...
Du même désespoir.

Gris (suite)

Mal enfoui et amphigouris
Je ris.

Je pars demi vierge, demi soul
Demi-tout.

Ni noir, ni blanc
Mais gris.

Aigri.

Je suis fou :
Presque heureux
Presque mort
Presque rien
Déchante moi un destin.

Quitus pour passer.
Passer par où ?
Il n’ ya plus de vous.

Les yeux dans les yeux.
Le pouce sur le bout du sein
Des lèvres sur la joue
Des bises sur des cils
Des cils fins sans fins.

Des doigts à perte de vue.
Une hanche et puis un galbe
Et des tics tacs de cœurs fous – déchainés.

Tu excites le feu et la terre
Et la glace déjà vieille de mille âges,
Fondant placidement sous ton ombrage.

Et des herbes :
Tes bras comme des lianes.
Ton curare est venin.
Fleurs du mal.

Et des parfums :
Le jasmin de ton corps
La lavande de tes cheveux
La rose de ta pudeur.

Et des couleurs :
Le noir, le blanc.
Le gris-aigri.

Mal enfoui et amphigouris
Je fuis.

Le Pélican

Le Capitaine Jonathan,
Étant âgé de dix-huit ans
Capture un jour un pélican
Dans une île d'Extrême-orient,
Le pélican de Jonathan
Au matin, pond un oeuf tout blanc
Et il en sort un pélican
Lui ressemblant étonnamment.

Et ce deuxième pélican
Pond, à son tour, un oeuf tout blanc
D'où sort, inévitablement
Un autre, qui en fait autant.
Cela peut durer pendant très longtemps
Si l'on ne fait pas d'omelette avant.

Robert Desnos



J'ai toujours appris "La adri limada"(1) ce poème. En réponse à l'aimable invitation de "Al oukht"(2) Najlae. J'espère que c'est insignifiant, je m'en voudrais sinon.



(1): Mot pas français pour deux balles, d'origine arabe, qui ne veut rien dire.
(2):Enorme sac cabas où l'on peut fourrer ce qu'on veut.

Ci-gît la chaine de tag urbi et orbi (3).

(3): Hna o lihih.

jeudi 20 mars 2008

Beatis pauperes ...

Stupidité naissante et galopante, comme cette alopécie qui se cherche une calvitie. Je ne ressens plus rien, plus rien qui en vaille la peine. Même que je peine à essayer. Le monde change en moi. Une fureur diffuse. Il pleut des cordes dans l’au-delà. Au-delà de quoi plus rien n’est comme avant et avant j’étais stupide mais heureux.

Nous voilà encore réunis pour regarder écarlates les yeux, un nouvel an. Combien de temps me laisserai-je violer en faisant la queue au Mc Donald ?


Bien à vous.

lundi 3 mars 2008

Route- Auto

Sur l'autoroute qui m'emmène au bonheur, je me fais goler par un ami, qui me surprend, la main dans la poche, entrain de roupiller au volant.
Scrogneugneu!